Le taux de chômage officiel au Gabon s’établit à 17,4% de la population active, soit un volume de 109 733 demandeurs d’emploi. Un chiffre de référence issu de l’Enquête Nationale sur l’Emploi et le Chômage (ENEC), publiée par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSTAT).
Ce tableau est toutefois relativisé par les estimations modélisées des institutions internationales. Selon la Banque Mondiale et l’agrégateur de données Trading Economics, le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) avoisinerait les 20,2%.
La situation la plus alarmante concerne la tranche des 15-24 ans. Le chômage des jeunes oscille entre 30% et 34%. Un niveau qui, selon une infographie publiée par nos confrères d’ÉcoMatin, placerait le Gabon parmi les taux les plus élevés du continent. Ce chômage juvénile, à caractère structurel, touche avec une acuité particulière les jeunes femmes. De fait, dans la ventilation par genre, les femmes représentent près de 55% de la population active inoccupée.
Cette dégradation du marché de l’emploi s’explique par une double contrainte. D’une part, une inadéquation persistante entre formation et emploi, avec un système éducatif à dominante théorique, peu en phase avec les besoins en compétences du secteur productif. D’autre part, une économie de rente peu diversifiée, fortement dépendante des industries extractives (pétrole, manganèse, bois), secteurs à forte intensité capitalistique mais faiblement pourvoyeurs d’emplois décents.
Au final, ce chômage endémique demeure un défi macroéconomique et social majeur, qui fragilise la cohésion nationale et hypothèque les perspectives d’avenir de plusieurs générations.
Sources : ENEC, INSTAT
Rédaction : Gabriel Gaby MOUKADY


